Metamorphosis, ou trans-matière de la forme.

Transmutation et Métamorphose
- Transmutare : Action de transporter ailleurs ou de changer de place.
- Énergie : La transmutation transforme une force ou une énergie fondamentale.
- Metamorphosis : Modification profonde de la forme, de la structure ou de la nature.
Le Bardo Thödol et l’Intervalle
Portée : La libération spirituelle par l’écoute au cœur du cycle des renaissances (Samsara) et de la transmigration.
Thö / Dol : Entendre pour se libérer.
Metamorphosis s’inspire de la lecture du Bardo thodöl, livre tibétain de la vie et de la mort, VIIIe siècle.

Metamorphosis, ou trans-matière de la forme.
De la déconstruction de la forme au jaillissement du flux, le geste pictural opère sa mutation finale pour s’accomplir en une métamorphose absolue. Ce concept naît de la fusion entre l’alchimie de la peinture abstraite et la spiritualité orientale. À la fois aboutissement de la série Meta et prolongement de Flux in-tangible, il s’ancre dans la physicalité du geste : peindre devient un acte de transmutare, une capture de l’énergie invisible figée dans la matière.
Cette démarche puise sa force dans la structure du Bardo Thödol, le Livre tibétain des morts. Le blanc de la toile se fait Bardo visuel, cet espace intermédiaire où le peintre plonge face au vide, guidé par l’intégration de mantras tibétains. À travers l’écoute profonde de la matière (Thö) — le liant, le pigment, l’accident du pinceau —, la forme se dissout au son des écritures sacrées pour laisser place à la libération (Döl) de l’abstraction pure. Metamorphosis emprisonne ainsi l’impermanence du Samsara dans la chair du pigment. Dans l’épaisseur de la strate picturale s’achève ce voyage : la surface devient l’espace d’une transmigration graphique, où la parole sacrée et l’énergie originelle subissent leur mutation finale.
L’essence de Metamorphosis réside dans sa quête de redéfinir la peinture comme un organisme vivant et agissant, une œuvre en pleine transmigration. Ici, le pigment et les écrits sacrés deviennent les véhicules d’un transfert d’énergie. L’œuvre passe alors d’un état mental intangible à une réalité physique, avant de se dissoudre à nouveau dans l’œil du spectateur sous forme de vibration pure. À travers ce cycle, ce processus se manifeste comme la transmutation la plus absolue : il donne un corps à l’invisible et offre une libération par l’écoute de la matière.

Metamorphosis/Bardo.
Série de 3 polyptyques, 330 x 100 cm. Pigment, liant, mine de plomb, marouflage papier de riz sur papier Rives BFK. Livre tibétain original.










