Metasoma, ou anatomie d’une transmigration.
Il ne s’agit pas de peindre la vie mais de rendre la peinture vivante. Paul Cézanne.

Metasoma : L’Anatomie d’une Transmigration
Inspirée des concepts de métempsycose — la transmigration de l’âme — et de métensomatose — la mutation des corps —, la démarche de Metasoma engage une transmutation radicale de la forme picturale. L’œuvre abandonne définitivement l’aplat fixe et la planéité traditionnelle au profit d’une matière oscillante, mobile et intrinsèquement nomade. Cette métamorphose transforme la manière de voir et de lire la peinture.
Tout naît d’un geste pictural premier, une impulsion originelle déposée sur le support. Ce corps initial n’est pourtant pas une finalité : il est immédiatement fragmenté, découpé et désassemblé. Loin d’être un geste de destruction, cet acte de découpe s’impose comme le geste fondateur de la transmigration. En sectionnant le papier et la matière, l’artiste brise l’enveloppe initiale du corps pictural pour en libérer les fragments et engager un processus de réincarnation visuelle.
Cette restructuration déplace le regard et modifie notre optique. Le dispositif associe étroitement de petites parcelles de peinture à des bribes de mots et de phrases. Assemblés et maintenus en suspension, ces éléments forment un ensemble graphique fragmentaire et mouvant. Ce fractionnement matérialise visuellement le flux de nos pensées fugitives et éphémères. Au cœur de cette dérive formelle émerge la graphie de silhouettes : figures spectrales et témoins passifs de cette mutation. Figées dans leur impuissance, ces silhouettes assistent sans pouvoir l’endiguer au flux continu qui les traverse et les désintègre.
Au-delà de cette métamorphose technique, une double lecture se structure. La peinture subit une mutation littérale pour s’incarner dans un autre corps et une autre configuration spatiale. À travers ce cycle de déconstruction, l’œuvre suggère que tout comme notre société est multiple et en constante évolution, la peinture devient, en elle-même, l’anatomie de cette transmigration.

Peintures.
Série de 7 polyptyques. Chacun : 84 x 100 cm. L’ensemble: 252 x 120 cm.
Pigment, résine sur papier Rives BFK. Fil de cuivre et livres anciens.




















Peintures
Le medium est essentiellement le pigment.
Une technique fatta a mano. Un mélange de pigment, eau et liant. À la peinture, une fois sèche, s’ajoute une couche de résine qui sublime la matière.

